
Jadis en Cambrésis n° 149 – juin 2026
Sommaire
146 2026 06 Couverture 1 : Le Cateau : Statue et hôpital Paturle (Carte postale ancienne colorisée)
146 2026 06 Couverture 2 : Coordonnées et Sommaire
149 2026 06 00 page 01 : Éditorial.
149 2026 06 00 page 02 : Hommage à Bernard Machut
149 2026 06 00 page 04 : Hommage à Maurice Cattiaux
149 2026 06 01 page 05 : Le Cateau : Le destin d’Adèle Paturle, jeune héritière au début du XIX’ siècle ( 1ère partie). – Christiane Bouvart.
149 2026 06 02 page 17 : Le garde d’Ancien Régime en Cambrésis – Téo Boufflers.
149 2026 06 03 page 29 : Alexis Cuvellier, un ch’ti de Cambrai en Algérie – Jacques Saurel.
149 2026 06 04 page 42 : Louise de Bettignies (Compléments).
146 2026 06 Couverture 3 : Portrait de Jacques Paturle
149 2026 06 Couverture 4 : Le garde-blé de Villers-Cotterêts (vers 760) par Louis Carrogis dit Carmontelle (Chantilly, Musée Condé).
Editorial
Notre numéro de printemps s’ouvre sur deux hommages.
Bernard Machut (1939-2026) nous a quittés. Professeur d’histoire-géographie, président de Camerix, il s’est intéressé toute sa vie à l’archéologie et à l’histoire locale, comme en témoignent ses nombreuses publications. Homme très cultivé, humble, discret, généreux, il était un monument de la recherche historique dans le Cambrésis.
Un grand défenseur de la langue, et en particulier de la langue picarde, s’est éteint en la personne de Maurice Cattiaux. Comédien, poète, magicien, conteur, il a animé de nombreux spectacles en français et en picard, et organisait des cours, collectes, lectures… en dialecte.
Le Cateau avait un hôpital aujourd’hui détruit, l’hôpital Paturle, et il existe toujours un boulevard Paturle. Qui se souvient que cet établissement avait été érigé par Mme Veuve Paturle à la mémoire de son mari Jacques et de sa fille Adèle ? C’est sur les traces de cette Adèle Paturle, jeune fille du début du XIXe siècle, que nous emmène Christiane Bouvart. Dans cette première partie consacrée à la famille, nous suivons ces orfèvres et bourgeois de Lyon devenir soyeux. Jacques s’installe à Fresnoy-le-Grand puis au Cateau. La révolution industrielle fera de la manufacture Paturle la plus importante de France pour la fabrication des tissus. Elle entraînera aussi la paupérisation des ouvriers. La famille mène grand train, Jacques Paturle collectionne les tableaux.
Des recherches universitaires ont amené un étudiant à s’intéresser à un sujet peu commun : la chasse aux XVII° et XVIII° siècles dans le Cambrésis. Téo Boufflers, pour notre revue, axe sa présentation sur un point précis et important : Au service du Seigneur, le garde d’Ancien Régime dans le Cambrésis. Qu’est-ce qu’un garde ? Comment le devenait-on ? Quelle était la place de la chasse dans son travail ? Quels étaient son salaire, son équipement ? Malgré la difficulté des sources, peu nombreuses à certaines périodes, nous pourrons appréhender ce métier, notamment par l’exploitation du règlement pour Antoine-Hubert Gratepanche, garde à Lesdain, document conservé au Labo-Cambrai. Partons pour Cambrai où une rue porte le nom d’Alexis Cuvellier (avec une faute sur la plaque, notée Cuvelier…). Qui était donc ce personnage (Cambrai 1845 – Alger 1927) ? Grâce à Jacques Saurel, nous suivons son itinéraire de Cambrai à l’Algérie. Il fera ta plus grande partie de sa carrière à Alger et finira chef du service topographique du département d’ bran. Il se passionnait d’ailleurs pour les travaux topographiques de Vincent Boutin, officier de l’armée napoléonienne. Conseiller municipal, puis maire de Dély-Ibrahim, il est l’un des créateurs de l’amicale La Betterave. Il est e l’origine du « marrainage » entre Alger et Cambrai Alger versera une donation de 50 000 francs germinal à la municipalité de Cambrai (Nice fera aussi un don), puis octroiera deux autres subventions, dont l’une a servi à financer l’édification du monument appelé « La Victoire ailée ». Cambrai en remerciement appellera deux rues d’Alger et de Nice. Une belle recherche sur une personnalité oubliée, par le président de l’association Généalogie Algérie Maroc Tunisie.
Enfin, après le remarquable travail de Pierre Pavy sur Louise de Bettignies (Jadis en Cambrésis 148), nous publions en complément une lettre, et détaillons les sépultures, plaques, stèles et monuments érigés en hommage à cette grande résistante.
Nous vous souhaitons une agréable lecture et de belles découvertes !
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Article 1
Hommage à Bernard Machut
11 mars 1939 – 13 février 2026
Au nom des Amis du Cambrésis, nous voulons rendre hommage à Bernard et lui dire merci.
Bernard est né le 11 mars 1939 à Somain. Il était professeur d’histoire-géographie au Lycée Fénelon à Cambrai. Il sera Président de Camerix, section du club Leo Lagrange, spécialisée en archéologie. Il y rencontrera mon père Géry Herbert. Il connaissait aussi mon grand-père Paul Herbert qu’il avait pu rencontrer à l’occasion de fouilles à Estourmel.
Ses centres d’intérêt ? Archéologie, histoire focale, sciences religieuses. Dans le domaine des sciences religieuses, il publie Jésus et la question du mal. Pour l’histoire locale, il écrira l’histoire de Camerix, 1966-2016 lors des 50 ans de l’association. Il préface l’histoire d’Eswars et celle de Flesquières. Il travaille avec une classe de 5e du Lycée Fénelon sur 5 Epistoles Kaimberlottes d’Henri Carion, publiées sous le pseudonyme de Jérôme Pleumecoq.
En archéologie, citons simplement le remarquable ouvrage sur les Pierres jumelles et le catalogue de l’exposition Archéologie en Cambrésis, ainsi que trois articles dans Jadis en Cambrésis, et de nombreux travaux pour la Société d’Émulation.
Article 2
Le Destin d’Adèle Paturle, Jeune héritière au début du XIXe siècle
Christiane Bouvart
1ere partie : Jacques Paturle
Le nom de Paturle est familier aux Catésiens, bien que la famille Paturle ait été originaire de Lyon et que Jacques Paturle, le plus connu de ta famille (avec Paul Paturie), ait été peu présent au Cateau. Mais l’hôpital catésien a porté son nom et est resté dans la mémoire locale ; il semble l’avoir perdu désormais – un panneau directionnel indiquant « Pôle sanitaire de santé » (un bel exemple de pléonasme – mais le Boulevard où il se trouve s’appelle toujours « Boulevard Paturle ».
Adèle Paturle était la fille unique de son second mariage, dont sa mémoire et celle de son père sont rappelées sur le portail de l’ancien hôpital détruit, curieusement replacé devant les bâtiments modernes. (« Hôpital Paturle – érigé par Madame Veuve Paturle à la mémoire de son mari et de sa fille »).
Article 3
Au service en seigneur
Le garde d’Ancien Régime
en Cambrésis
Téo Boufflers
Après avoir travaillé sur Io législation et le droit de chasse en première année de Master, il m’a ensuite paru opportun de travailler sur les deux figures que les sources, législatives et juridiques mettaient sans cesse en avant, à savoir les gardes et les braconniers. Ainsi je vous propose ici une esquisse issue de mes recherches de la seconde année de mon cursus, désormais achevé.
Le cadre chronologique global de mes recherches est celui de la période moderne, s’étalant de la fin de l’époque médiévale (début du XVIe siècle) jusqu’à la Révolution française. Cependant, les sources actuellement connues et conservées ne permettent de travailler que sur le »Me siècle, et quelques rares éléments sur le XVIIe. Mais d’où viennent-elles ? Les documents utilisés sont le produit des institutions de cette période, judiciaires, législatives, mais aussi ecclésiastiques. Elles nous dirigent principalement vers les Archives Départementales du Nord, en série C, celle des intendances, mais surtout vers les séries 3 G (évêché de Cambrai), et 4 G (chapitre métropolitain de Cambrai) ; les faits qui nous intéressent ici ne sont en rien spirituels, mais sont les affaires temporelles et les biens matériels, très importants à cause de la puissance foncière du clergé cambrésien sous l’Ancien Régime. Le Labo de Cambrai est aussi mis à contribution grâce au Fonds Delloye.
Ce sont ensuite les archives municipales qui sont mobilisées, ayant parfois conservé des documents des échevinages. Pour Cambrai, cela est impossible par leur destruction en 1918, mais celles du Cateau-Cambrésis sont conservées aux Archives Départementales du Nord en série E dépôt. Cette ville est importante, car l’archevêque, Comte de Cambrésis était directement seigneur de la cité et de sa châtellenie, s’étendant sur environ 105 km’ et englobant une douzaine de localités autour de la ville du Cateau.
Article 4
Alexis Cuvellier
Un ch’ti de Cambrai en Algérie
Jacques Saurel
Président de l’association « Généalogie Algérie Maroc Tunisie
Les premières années à Cambrai Alexis Cuvellier est né le 13 décembre 1845 à Cambrai, petite ville du département du Nord de Ici France. A sa naissance, son père Louis Joseph Cuvellier, qui exerçait la profession de charron, était alors agé, de 29 ans ; sa mère Virginie Carpentier, sans profession, avait 33 ans. Nous ne disposons d’aucun renseignement sur la famille qui habitait une maison au 43 rue de la Herse, en centre-ville, si ce n’est qu’elle s’est agrandie en 1847 d’un frère pour Alexis : Charles Louis.
Après le décès en 1851 de sa femme Virginie Carpentier, Louis Joseph Cuvellier s’est remarié le 23 septembre 1852 avec Amandine Preux, âgée de 26 ans, avec laquelle il eut un autre fils Victor né en 1857 (1).
1 – De cette union naîtra un autre fils Louis, né le 18 février 1862 à Cambrai, marié le 16 janvier 1892 à Alger avec Marie Descoutey, sans profession, native de St-Vincent-de-Tyrosse (Landes). Louis exerce alors la profession de boucher (NDLR).
Article 5
Louise de Bettignies
1880-1918
Compléments
Lettre de Julienne-Marie de Bettignies à Charles Delesalle, maire de Lille, annonçant le décès de sa fille le 24 octobre 1918 (Archives municipales de Lille – 4 H/77/1)
Berck plage 24 8bre 1918
Villa Les Chardons.
Rue de la Plage
Monsieur Delesalle
Maire de Lille
Je voudrais vous dire combien je partage votre joie à tous, de la libération de Lille, et l’administration, qui depuis quatre ans, va vers vous, Monsieur.
J’ai malheureusement à vous annoncer la mort de ma fille, Mademoiselle Louise de Bettignies, décédée à Cologne le 27 7bre 1918. Prisonnière depuis trois ans, enfermée dans la forteresse de Siegburg, elle refuse de travailler à des engins de guerre contre la France, d’engager ses compagnes de captivité à suivre sort exemple. [Il] n’avait pas le droit de leur commander cet ouvrage. Traitée avec une cruauté inouïe, le 2 Xbre 1917, elle fut longtemps en grand danger.
Depuis, sa santé ne fit que péricliter. Grâce à l’intervention de Espagne, elle fut transportée dans un sanatorium à Cologne à la fin de juillet. C’était l’acheminement vers la Suisse, objet de nos démarches, et de nos désirs !